11/09/2017

Les jeunes élèves américains à l’école de l’aquaponie

Paris.cultures
Visage rond et yeux calmes, c’est une jeune femme à l’allure sage, qui n’a pas hésité à traverser l’Atlantique pour mettre sur pied une méthode de pédagogie inédite : enseigner les maths, la physique et la biologie grâce à l’aquaponie. Dès la rentrée de septembre 2017, les élèves de Victoria Cavanaugh, professeur de sciences et d’algèbre dans l’état du Massachusetts, aux Etats-Unis, seront en effet amenés à se familiariser à cette pratique agricole encore peu connue : la culture de fruits et de légumes combinée à l’élevage de poissons… transposée à l’intérieur d’une salle de classe ! Pour préparer ses cours, l’enseignante est donc venue à la rencontre des Parisculteurs.
Poissons, laitues et tableau noir, c’est cette idée étonnante qui a valu à Victoria Cavanaugh une bourse du Fond pour les professeurs : de la Californie à l’Oregon, cette fondation apporte en effet son soutien aux enseignants des Etats-Unis désireux de mettre au point de nouveaux programmes éducatifs. « Pour un élève, il est très intéressant d’avoir des plantes et des poissons dans sa salle de classe », explique l’éducatrice, qui a donc décidé de partir étudier différents jardins urbains à travers l’Europe : après la Suisse, l’Allemagne et le Portugal, halte en France, à Paris. Après une comparaison des différentes techniques, l’objectif est que les élèves puissent ensemble monter leur propre projet, tout en acquérant les connaissances scientifiques nécessaires au bon fonctionnement de leur petit jardin flottant.

Dans le 20e arrondissement, l’association Veni Verdi teste en effet différentes méthodes d’agricultures urbaines, parmi lesquelles l’aquaponie tient une place de choix.. La sensibilisation à la qualité de l’alimentation est aussi un aspect important pour Victoria Cavanaugh : « Mes préoccupations ne portent pas seulement sur l’horticulture, mais aussi sur la nutrition, conclut-elle. Il est important que les enfants comprennent d’où provient leur nourriture, c’est pourquoi j’ai envie qu'ils puissent manger une partie de leur production, et qu’ils en deviennent ainsi plus responsables. » Si Victoria n’est pas encore de retour devant les pupitres, elle ne compte pas s’en arrêter là : après dix ans passés au Salvador, l’Américaine espère pouvoir faire le pont entre son expérience passée et sa vie d’aujourd’hui, pour qui sait, peut-être un jour implanter des unités d’aquaculture en Amérique centrale… avec sans doute quelques techniques apprises sur les toits de Paris.

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