20/03/2017

Avec Aéromate, dans les coulisses des projets de Lachambeaudie et de Paris Bourse

Parisculteurs 1 - Episode 1
“Bienvenue dans notre base arrière !”, ainsi Michel Desportes accueille-t-il le visiteur, sur le toit de l’ancienne usine Spring Court, où se développent les jeunes pousses destinées à s’épanouir sur les sites de Lachambeaudie (12e) et Paris Bourse (2e), dans le cadre des Parisculteurs. À sa manière, ce toit d’usine perpétue la tradition agricole parisienne : pendant la seconde guerre mondiale, un élevage de carpes y avait en effet élu domicile pour faire face aux restrictions alimentaires. Aujourd’hui, le réservoir est vide mais la toiture accueille désormais les cultures de la jeune start-up Aéromate…
Fondée par Michel Desportes en 2015 avec Louise Doulliet et Théo Manesse, la société Aéromate utilise l’hydroponie pour cultiver des plantes aromatiques. Pour mieux comprendre la technique, direction un dispositif de démonstration : plantés à l’intérieur de rails en PVC blanc, basilic et menthe voient leur racines baignées par un courant d’eau en mouvement, ce qui booste leur croissance. “Grâce à ce système, les végétaux poussent trois à quatre fois plus vite que les plantes en terre, précise Michel Desportes. 

Débordant sur la rambarde, une menthe de taille généreuse semble presque acquiescer : “L’année dernière, les plantes recouvraient le toit, pour un système qui ne consomme que 45 watts, l’équivalent dune ampoule électrique. Pour le moment, les plantes de l’entreprise Aéromate sont encore à l’état de jeunes pousses. Dans une véranda réchauffée par le soleil, les cagettes ont envahi les tables: ici bourrache au doux goût de concombre, ou Mertensia maritima – un gout d’huître, frais et délicieux en bouche – croissent tranquillement.

Avec un catalogue d’une centaine de variétés, Aéromate ne cesse d’essayer de nouvelles plantes. Ici, c’est donc l’espace de test, où les plantes minuscules sont mises à germer, avec plus ou moins de succès : Le shiso peine encore à partir: cest vraiment dommage, car cest une plante délicieuse en pesto dans les pâtes !”

Toutes les plantes sont cultivées en godet, pour que les racines se mettent bien en place avant la grande transplantation: posés au-dessus des locaux de la RATP, les 450 m2 de toiture de la ferme Lachambeaudie attendent ainsi leur 5 000 plants d’aromatiques. “L’électricité est déjà là, mais il reste toute la tuyauterie à mettre en place, ainsi qu’à transvaser toutes les plantes.”

Une fois l’installation finalisée, la start-up enchaine déjà avec un nouveau projet, cette fois-ci sur les toits de l'immeuble Paris Bourse, rue Réaumur. Au-dessus de bureaux du propriétaire Tishman Speyer, des systèmes de cultures hydroponiques sont attendus sur 180 m2 de toiture. A noter que les savoureux végétaux seront cette fois-ci intégrés à des paniers, grâce à un partenariat avec des maraichers bios d’Île-de-France. Légumes et aromates seront ainsi proposés aux salariés du bâtiment mais aussi aux Parisiens, via le réseau AMAP et La Ruche Qui Dit Oui !

En attendant, rendez-vous début mai, donc, pour éviter les derniers coups de gel, qui pourraient être fatals aux jeunes plantes. Durant l’année, petite aromatique deviendra grande : Nous laissons les même plants sur toute la saison, jusqu’à octobre. À la fin, le basilic atteint une taille impressionnante !” s’enthousiasme Michel Desportes. En hiver, pourpier d’hiver, cresson ou artichaut prendront le relais, pour le plus grand plaisir des gourmands.

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