05/07/2017

Toiture ouverte au sommet du gymnase Jean Dame

Parisculteurs 1 Episode 2
« Ça tape fort aujourd’hui ! » Il est 10 heures et Armand Renard se cherche en vain un chapeau, sur la toiture du gymnase Jean Dame. Sous le soleil brûlant, trois jardiniers transpirent à grosses gouttes, binette à la main : Armand, Thibault et François ; tous trois appartiennent à l’association Toits vivants. Haut-perché au-dessus des salles de sport, leur large toit terrasse de 750 m2 vient d'être inauguré.
 À la droite de l’entrée, de larges bacs emplis de terre attendent en effet les futurs jardiniers volontaires. Pour lui et son association, l’agriculture urbaine est loin de ne présenter qu’une seule visée productive :« Mettre les gens au contact des plantes, les mains dans la terre, c’est aussi important que de produire », explique le jeune cofondateur des Toits vivants.

Depuis leur arrivée dans le quartier, la curiosité est au rendez-vous - les plus impatients, ce sont sans doute « les voisins », qui par-dessus la rue, observent avec attention l’avancée des travaux… Ce matin, c’est Florence, qui apparaît derrière une fenêtre de l’immeuble d’en face. S’ensuit un dialogue hurlé de part et d’autre de la voie : « Avant dimanche, je t’envoie un message » crie Armand, amusé.

Car sur la gauche, une fois passé le local technique, un véritable champ se dévoile à la vue. L’endroit possède une particularité : une très faible épaisseur de substrat, à peine 12 centimètres de terre posés sur bâche. Ici, les 150 kg/m2 de portance seulement demandent aux agriculteurs du lieu prudence et ingéniosité : « En temps normal, on ne cultive pas de jardin sur de telles surfaces, précise Armand. Pour nous, démontrer que l’on peut cultiver des légumes sur de telles toitures est un challenge qui pourrait à l’avenir changer la destinée de bien des toits plats. »

Pour l’heure, l’essai semble plutôt bien débuter, constatent ses jardiniers. Pieds de tomates, plants de courgettes et parmi les jeunes pousses dont la croissance commence, de larges fleurs oranges, celles des courges, florissantes ! « C’est une très bonne surprise, se félicite-t-on, même dans aussi peu de substrat, elles semblent vraiment se plaire ici. » Pour la récolte, il faudra cependant patienter. Si une partie sera distribuée aux habitants, l’association est encore en quête d’amateurs de bons plants : « Nous aimerions vraiment établir un partenariat avec un restaurateur : nous cherchons donc un chef engagé, qui apprécie les produits locaux de qualité », conclut Armand.

En attendant, il reste encore aux mains vertes de Toits vivants la mise en place du troisième volet du projet : objectif recherche, avec le test de la culture sur drèches, ces résidus de brassage des céréales récupérés dans les brasseries. Etalées dans les bacs, les fines particules jaunes y libèrent une étonnante odeur de bière. 

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