22/12/2017

Au workshop des Parisculteurs, conseils éclairés pour jardiniers en herbe

Le 2 octobre 2017, le workshop des Parisculteurs -Saison 2 affichait complet à la Mairie du 10e arrondissement. Dans une salle comble, la conférence internationale a rassemblé deux-cent professionnels et futurs candidats, venus à la rencontre des cultivateurs urbains. Ils en sont repartis avec une belle moisson de conseils et d’informations.
“Avant les rêves, on a fait pousser les muscles”, prévient Sophie Jankowski, de la Communauté Facteur Graine. Face à une assistance conquise, elle évoque les 90 tonnes de terre et de broyat que les “Facteurs Graine” ont porté à bout de bras tout en haut du centre postal de la Chapelle. Aspirants végétaliseurs ou jardiniers des villes confirmés, ils sont venus en nombre pour entendre Sophie Jankowski, Théo Champagnat, de la start-up Cycloponics ou encore Michel Desportes, de l’entreprise Aéromate.

En octobre 2016, ceux-ci participaient au tout premier workshop des Parisculteurs, au Parc floral. Un an plus tard, les voilà à leur tour chargés d’aiguiller de futurs candidats avides de conseils. Alors on écoute et on questionne, de la réinvention de matériel avec Sophie Jankowski, dont le groupe de six postiers a investi le sommet d’un centre de tri, à la constitution d’équipe avec Théo Champagnat. Sa ferme, nommée la “Caverne”, – 3 600 m2 de champignons, d’endives et de jeunes pousses au niveau -2 d’un parking du 18e arrondissement – n’aurait pu voir le jour s’il n’avait osé pousser la porte d’une école d’architecture parisienne, son projet sous le bras. Son conseil : mettez vous en équipe ! “On avance beaucoup plus rapidement à plusieurs, alors ouvrez l’œil. Lorsqu’on est porteur de projets, il faut s’habituer à forcer quelques portes : mon associé explique-t-il, je l’ai rencontré lors des visites de site : il prenait des mesures.”

Faire équipe, et pourquoi pas avec un agriculteur francilien, comme l’a fait remarquer Christophe Dion, de la chambre d’agriculture d’Ile-de-France. Celle-ci représente environ 360 entreprises du bassin parisien : “Nous savons très bien que les productions en ville seront loin de pouvoir alimenter tous les Parisiens, d’où l’intérêt de pouvoir imaginer un lien entre nos producteurs et les sites en ville”, explique-t-il. Egalement invité à la conférence, le maraicher nantais Olivier Durand cultive depuis sept ans 5 000 m2 de légumes en périphérie de Nantes. Si 70% de son chiffres d’affaires provient de la pleine terre, cet agriculteur venu avec une appétissante botte de carottes et de radis-glaçons participe désormais en tant que consultant à de nombreux projets urbains. Ainsi est née “la Cantine du Voyage” à Nantes, un restaurant aux 90 000 repas dont le potager sur palettes produit jusqu’à 7 000 laitues sur cinq mois. Si celles-ci ajoutent de la fraicheur au menu, de nombreux autres légumes viennent des champs autour de la ville. “Un modèle économique se dessine, mais toujours en lien avec l’agriculture, rappelle Olivier Durand. Par ailleurs, j’ai l’impression que les projets qui se développent un peu partout nous poussent, nous producteurs, à partager notre expérience du métier : partout il faut expliquer ce que l’on fait, cela crée du lien de la campagne jusqu’à la ville.”

Parmi les expériences partagées, celles, à Bologne, des chercheurs italiens Francesco Orsini et Giuseppina Pennisi, spécialistes de l’agriculture urbaine ou encore l’aventure américaine d’Helen et Michael Cameron, les deux créateurs d’Uncommon Ground, premier restaurant à percher son potager sur les toits de Chicago, aux Etats-Unis. Au rayon des cultures faciles à adapter en ville, on leur laissera le mot de la fin : leur astuce, le cassis, petit fruit économe en espace et parfait pour aromatiser une bière. L’auditoire est parti plein d’idées à mettre en forme d’ici le 8 janvier 2018, 16h, date de la remise des offres pour Parisculteurs-Saison 2. 

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