13/06/2018

Les cultures prennent place sur l’Opéra-Bastille

Un potager sur l’Opéra-Bastille ? Incroyable mais vrai : sur le toit de l’institution parisienne, planches de légumes et plants
de houblons commencent à pousser. À la manœuvre, Frédéric Madre,
co-fondateur de l’entreprise Topager.
Quel est actuellement l’avancement du chantier ?
Frédéric Madre : Les travaux ont pris un peu de retard. L’Opéra-Bastille représente pour nous un gros chantier, avec plus de 2 500 m2 de toiture à préparer. En ce moment, c’est en effet la mise en œuvre de l’étanchéité du toit qui nous occupe : avant, celui-ci était couvert d’une membrane bitumeuse que nous avons choisi de laisser en place, mais nous avons rajouté une membrane élastomère anti-racines par-dessus, autrement dit un voile qui va empêcher le système racinaire de nos plantations de pénétrer et d’endommager la toiture. 

Quels types de cultures comptez-vous mettre en place sur ce lieu ?
F. M. : Notre projet se compose de deux parties, d’abord du maraichage en agro-écologie, avec plus de 1 000 m2 de planches de légumes, ensuite des plantations de houblon, pour produire de la bière. Celles-ci ont déjà débuté, sur 75 mètres de long, rue de Lyon : nous avons tendu des cordes qui descendent jusqu’au trottoir 7 mètres plus bas, et s’arriment à des bacs. Le houblon y grimpe déjà, mais pour les premiers semis de laitues ou de tomates en haut du toit, il va encore falloir attendre septembre.

Quels sont vos objectifs de production ?
F. M. : Le but, c’est de produire une centaine de paniers pour le personnel de l’Opéra et les habitants du quartier, ainsi que d’approvisionner les restaurants à proximité. Quant à la partie micro-brasserie, elle sera installée sous ses toits, afin de brasser une bière locale qui sera distribuée à la fois dans les paniers destinés aux employés ainsi qu’à la buvette. Nous espérons pouvoir lancer les premiers brassins cet été et faire quelques essais : pourquoi pas, par exemple, une bière aromatisée avec des fleurs comestibles issues de nos surfaces cultivées ? 

#parisculteurs